Pourquoi votre ventre ne supporte-t-il plus certains aliments ?
- Hélène Le Moult

- il y a 4 jours
- 2 min de lecture

« Avant, je pouvais manger de tout. Aujourd'hui, certains aliments me donnent des ballonnements ou des douleurs. »
Cette impression est fréquente, surtout à partir de la quarantaine ou après un épisode de stress, une gastro-entérite ou un changement important dans le mode de vie.
Mais cela ne signifie pas nécessairement que vous avez développé une « intolérance alimentaire ».
Notre digestion évolue au fil du temps
La digestion n'est pas figée. L'âge, les hormones, le sommeil, le stress, l'activité physique et certains médicaments peuvent influencer la façon dont notre organisme tolère certains aliments.
Il est donc normal que certaines sensibilités évoluent au cours de la vie.
Le microbiote et l'intestin jouent également un rôle
Le microbiote intestinal, la motricité digestive et la sensibilité de l'intestin peuvent varier au fil du temps.
Après une infection digestive, une période de stress ou un changement d'habitudes alimentaires, certaines personnes deviennent plus sensibles à certains aliments, sans qu'il s'agisse d'une allergie ou d'une véritable intolérance.
Et le lactose ou le gluten ?
Certaines personnes présentent une malabsorption du lactose ou, plus rarement, une maladie cœliaque, qui nécessite alors un régime sans gluten strict. Mais ces diagnostics n'expliquent qu'une partie des troubles digestifs.
En pratique, la plupart des ballonnements, douleurs abdominales ou inconforts après les repas sont liés à des mécanismes plus fréquents, comme le syndrome de l'intestin irritable, une hypersensibilité digestive ou une mauvaise tolérance à certains glucides fermentescibles (FODMAPs).
C'est pourquoi il est préférable d'éviter de supprimer le gluten ou d'autres groupes d'aliments sans bilan préalable, afin de ne pas passer à côté d'un diagnostic et d'éviter des restrictions inutiles.
Faut-il faire des tests d'intolérances alimentaires ?
La plupart des tests d'intolérances proposés sur internet ou dans certains laboratoires ne sont pas validés scientifiquement. Ils peuvent conduire à des restrictions inutiles, à des carences et parfois à une relation anxieuse avec l'alimentation.
Avant de réaliser ce type de tests ou de supprimer certains aliments, il est préférable de consulter un médecin. Un interrogatoire précis, associé si nécessaire à des examens ciblés, permet souvent d'orienter le diagnostic et d'éviter des investigations coûteuses ou inappropriées.
Certaines maladies, comme la maladie cœliaque, nécessitent par exemple des tests spécifiques qui doivent être réalisés avant toute éviction du gluten. De même, tous les symptômes digestifs ne sont pas liés à une intolérance alimentaire.
Ainsi, mieux vaut rechercher la cause des symptômes avec un professionnel de santé plutôt que de multiplier les tests non validés ou les exclusions alimentaires hasardeuses.
Quand faut-il consulter ?
Un avis médical est recommandé en cas de :
perte de poids involontaire ;
diarrhée persistante ;
sang dans les selles ;
symptômes nocturnes ;
douleurs importantes ;
apparition récente des symptômes après 50 ans.
À retenir
Il est normal que notre digestion évolue au fil des années. Ressentir davantage de symptômes après certains repas ne signifie pas forcément que votre organisme « ne supporte plus » ces aliments.
Avant de multiplier les exclusions, il est souvent préférable de comprendre les mécanismes en jeu et d'adopter une approche progressive et personnalisée, guidée par un professionnel de santé.





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